vendredi 19 juin 2009

Le système financier devra subir des réformes majeures, croit Marc Carney

Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, croit que d'importants changements devront être apportés aux systèmes financiers canadien et mondiaux, ajoutant que la tenue affichée par les principaux marchés de financement l'automne dernier a contribué à provoquer la récession.

Dans un discours prononcé devant des gens d'affaires à Regina, hier, le patron de la banque centrale a indiqué que le système financier canadien était l'un des meilleurs au monde. «Mais cette crise a révélé que même ce qu'il y a de mieux n'est pas suffisant, a-t-il ajouté. À l'instar des agriculteurs, les décideurs publics doivent innover pour rendre le système financier plus résilient et efficace.»

M. Carney privilégie ce qu'il décrit comme une approche «macroprudentielle» à la régulation des marchés financiers, et il s'est inquiété, par le passé, de la façon dont le système a déjà réagi à une crise financière mondiale.

Dans ses notes, M. Carney prône des réformes majeures, une position qui aurait été accueillie avec une certaine résistance de la part d'autres groupes de réglementation, qui craignent de voir leur autorité diminuer au profit de la banque centrale. L'une des priorités du gouverneur est la création de marchés de financement de base plus robustes. Il offre plusieurs suggestions pour en arriver à cette fin, notamment l'établissement de dispositifs de marge en fonction du cycle intégral.

«En tant que source ultime de liquidités pour le système, la Banque envisage la possibilité d'adapter ses facilités afin d'appuyer la création continue de liquidités par le secteur privé», a-t-il avancé. En ce qui concerne l'économie en général, M. Carney croit que le pire est passé, mais prévient que la récession n'est pas terminée et que lorsque la croissance reprendra, elle sera «plus modeste que de coutume».

L'inflation à 0,1 % en mai

Le taux annuel d'inflation était à son plus bas depuis près de 15 ans le mois dernier. Il se situait à 0,1 % en mai, comparativement à 0,4 % en avril. Il faut remonter à novembre 1994 pour retrouver un taux inférieur, soit -0,1 %.

Statistique Canada a expliqué que le ralentissement de l'Indice des prix à la consommation (IPC) sur 12 mois était principalement attribuable à une baisse d'une année à l'autre de 18,3 % des prix des produits énergétiques. Sans l'énergie, l'indice a augmenté de 2,3 %. Les prix de l'essence ont diminué de 25,1 % de mai 2008 à mai 2009. D'un mois à l'autre, soit d'avril à mai, les prix de l'essence ont toutefois augmenté de 8,3 %. Sur 12 mois, les coûts des aliments demeuraient élevés au pays, mais les coûts du logement ont ralenti.

Au Québec, les prix à la consommation sont demeurés relativement stables en mai. Le taux d'inflation se situait à 0,1 % dans la province (0,3 % en avril).